Fiscalité du frontalier Genève : ce qui change pour ton net en 2026

Ce que personne n'explique simplement
La fiscalité du frontalier Genève est un sujet que tout le monde redoute. Impôt à la source en Suisse, déclaration en France, rectification, crédit d'impôt, quasi-résident… Les termes sont barbares, les formulaires incompréhensibles, et les conseils contradictoires.
Pourtant, comprendre votre fiscalité est essentiel pour un calcul simple : combien il vous reste réellement en fin de mois. Et ce montant détermine votre capacité de logement, votre épargne, et votre qualité de vie.
On ne va pas faire un cours de droit fiscal. On va faire l'inverse : partir de votre salaire brut et arriver à votre net réel, étape par étape, avec des chiffres concrets.
Le mécanisme en 3 étapes
En tant que frontalier travaillant dans le canton de Genève, votre imposition fonctionne en trois temps.
Étape 1 : L'impôt à la source à Genève
Votre employeur retient directement un pourcentage de votre salaire brut. Ce taux varie selon votre barème (célibataire sans enfant = barème A, marié un revenu = barème B, etc.), votre revenu, et d'éventuelles déductions.
Pour un célibataire sans enfant (barème A0), le taux effectif se situe entre 12 et 17 % selon le salaire. Un brut mensuel de 7 000 CHF donnera environ 850-950 CHF d'impôt à la source. Un brut de 10 000 CHF, environ 1 400-1 600 CHF.
Étape 2 : La déclaration en France
Même si vous payez déjà des impôts en Suisse, vous devez déclarer vos revenus en France (vous y résidez). Vos revenus suisses sont convertis en euros et intégrés à votre déclaration. La France calcule un impôt théorique sur l'ensemble de vos revenus.
Étape 3 : Le crédit d'impôt pour éviter la double imposition
Pour éviter que vous ne payiez deux fois, la convention fiscale franco-suisse prévoit un crédit d'impôt. Concrètement, la France vous "rembourse" l'impôt qu'elle aurait perçu sur vos revenus suisses. Vous ne payez en France que l'impôt sur vos éventuels revenus français (revenus locatifs, placements, etc.).
En pratique, si vous n'avez que des revenus suisses et aucun revenu français, votre impôt français est généralement nul ou très faible. Le crédit d'impôt absorbe tout.
Votre salaire net réel : 3 simulations concrètes
Simulation 1 : Profil junior — 65 000 CHF brut/an
Salaire brut mensuel : 5 417 CHF. Cotisations sociales suisses (AVS, AI, AC, LPP) : environ 12-15 % = 650-810 CHF. Impôt à la source Genève (barème A0) : environ 8-10 % du brut = 430-540 CHF. Salaire net mensuel : environ 4 070-4 340 CHF.
Ce net, c'est ce qui arrive sur votre compte. Avec un loyer coliving à 1 380 CHF, il vous reste environ 2 700-2 960 CHF pour le transport, l'alimentation, les loisirs et l'épargne. C'est serré mais tenable — d'autant que le coliving inclut tout (pas de charges cachées).
Simulation 2 : Profil cadre — 90 000 CHF brut/an
Salaire brut mensuel : 7 500 CHF. Cotisations sociales : environ 900-1 125 CHF. Impôt à la source (barème A0) : environ 12-14 % = 900-1 050 CHF. Salaire net mensuel : environ 5 325-5 700 CHF.
Le coliving à 1 380 CHF représente 24-26 % du net. Il reste 3 950-4 320 CHF — un budget très confortable pour vivre côté France. C'est le profil type de nos résidents : suffisamment de revenu pour choisir n'importe quel logement, mais le coliving est choisi pour la qualité de vie, le réseau et la simplicité.
Simulation 3 : Profil cadre supérieur — 130 000 CHF brut/an
Salaire brut mensuel : 10 833 CHF. Cotisations sociales : environ 1 300-1 625 CHF. Impôt à la source (barème A0) : environ 16-18 % = 1 733-1 950 CHF. Salaire net mensuel : environ 7 258-7 800 CHF.
Le coliving à 1 380 CHF ne représente que 18-19 % du net. À ce niveau, le logement n'est plus une contrainte budgétaire. Le choix du coliving est purement qualitatif : piscine, sauna, communauté, zéro gestion.
Le statut de quasi-résident : un levier d'optimisation
Depuis 2021, les frontaliers genevois peuvent demander le statut de "quasi-résident" si 90 % ou plus de leurs revenus mondiaux proviennent de Suisse. Ce statut permet de déduire davantage de frais de l'impôt à la source (cotisations 3e pilier, frais de transport, frais de garde, rachats LPP…).
Concrètement, le statut de quasi-résident peut réduire votre impôt à la source de 2 à 5 points de pourcentage. Sur un salaire de 90 000 CHF, c'est 150-375 CHF par mois d'économie potentielle. Ce n'est pas automatique : il faut en faire la demande via le formulaire DRIS/TOU auprès de l'administration fiscale genevoise, et c'est souvent pertinent de se faire accompagner par un fiduciaire.
Le 3e pilier : épargne retraite et optimisation fiscale
Le 3e pilier (pilier 3a) est un compte d'épargne retraite suisse qui offre un avantage fiscal : les versements sont déductibles de votre revenu imposable. En 2026, le plafond pour les salariés avec LPP est de 7 056 CHF par an. Pour les frontaliers quasi-résidents, cette déduction réduit directement l'impôt à la source.
L'économie fiscale concrète : un versement de 7 056 CHF dans le 3e pilier réduit votre revenu imposable d'autant. Si votre taux marginal d'imposition est de 15 %, c'est environ 1 060 CHF d'économie d'impôt, soit 88 CHF par mois. En plus de constituer une épargne retraite.
Les erreurs fiscales les plus courantes
Ne pas déclarer en France. Même si votre impôt français est nul grâce au crédit d'impôt, vous DEVEZ déclarer vos revenus suisses. Le non-déclaration est une fraude fiscale, même si vous ne devez rien.
Oublier le formulaire 2047. Ce formulaire spécifique aux revenus de source étrangère est indispensable. Sans lui, le crédit d'impôt n'est pas appliqué et vous risquez une double imposition.
Ne pas anticiper la CSG-CRDS. Si vous avez des revenus du patrimoine en France (revenus locatifs, plus-values), vous paierez les prélèvements sociaux français (17,2 %) même si vous travaillez en Suisse. C'est un point crucial pour les frontaliers investisseurs immobiliers.
Confondre brut et net dans les calculs de budget. Le salaire brut suisse et le net sont très différents (écart de 25-35 %). Quand vous calculez votre budget logement, partez TOUJOURS du net après impôt à la source.
L'impact sur votre choix de logement
En résumé, voici ce qu'il faut retenir pour votre budget logement.
Votre vrai revenu disponible, c'est votre salaire brut MOINS les cotisations sociales MOINS l'impôt à la source. C'est ce montant qui doit servir de base pour la règle des 30 %. Le loyer du coliving à 1 380 CHF tout inclus est particulièrement facile à intégrer dans un budget parce qu'il n'y a aucune variable : pas de charges saisonnières qui explosent en hiver, pas de réparations imprévues, pas de factures qui fluctuent.
Pour un frontalier gagnant 80 000-100 000 CHF brut/an (le cœur de cible du marché genevois), le net après impôts se situe entre 5 300 et 7 000 CHF/mois. Le coliving représente 20-26 % de ce net — parfaitement dans la zone de confort financier.
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